L’avenir du tennis selon Les Déchaînés

L’histoire est faite de moment de bascule, de moment de tension extrême entre le monde d’avant qui résiste pour perdurer et le monde nouveau qui pousse pour émerger. Ces périodes jalonnent l’histoire politique, économique, financière de notre monde. Ces transitions sont paisibles ou violentes, totales ou partielles, rapides ou lentes.

Le tennis français vit actuellement une période qui ressemble curieusement à ces moments de bascule. Il n’est pas question ici de la formation des champions ou du palmarès des meilleurs joueurs nationaux. C’est une transition invisible pour celui qui n’est pas directement actif dans le monde du tennis français : la transition des clubs de tennis d’un modèle créé à la fin du XXe siècle vers un modèle tourné vers le XXIe siècle. Le sujet peut paraître trivial mais il ne l’est absolument pas : il est vital. Derrière le modèle du club de tennis il y a la question du monde associatif français. Comment permettre à ces clubs de sport, ces associations de muter, de se transformer ? Va-t-on les regarder mourir ou va-t-on les aider à se réinventer, en gardant ce qu’elles ont de meilleur et en gommant ce qui ne marche plus ?

Chez Les Déchaînés, nous affirmons que le monde des clubs de tennis en France va mal, que la situation n’est pas inéluctable et que nous pouvons aider ces acteurs à se métamorphoser sans les pervertir.

Tout d’abord, voici quelques chiffres :

  • En 1992, il y avait 10 111 clubs en France. En 2018, il y en a 7 722. Cela représente une baisse de 25% en 25 ans.
  • En 1992, il y avait 1 317 319 joueurs licenciés en France. En 2018, il y en a 1 018 721. Cela représente une baisse de 23% en 25 ans.

L’érosion est lente mais visible et implacable. Un club qui disparaît, c’est en général une agglomération de petite ou moyenne taille qui se prive d’un service sportif, d’un lieu de rencontre et d’un moyen de créer du lien social.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Les clubs de tennis fonctionnent globalement tous de la même manière : une équipe de bénévoles, un professeur de tennis salarié du club et des joueurs qui rejoignent l’association. S’inscrire dans un club de tennis, cela sous-entend très souvent de s’engager sur un an, de prendre une licence et de s’inscrire dans un projet durable. Vous êtes parents et vous voulez faire découvrir différents sports à votre enfant ? A vous de jongler entre les emplois du temps et d’assurer la logistique. Vous voulez découvrir mais vous n’êtes pas sûr de vous ? A vous de vous assurer de votre motivation. Vous n’avez pas de visibilité sur votre emploi du temps ? Le tennis prime, le reste doit s’adapter. Vous êtes là seulement pour quelques semaines ? Désolé, c’est trop compliqué à organiser.

Ainsi, le modèle créé il y a 30 ans ne fonctionne plus dans notre société digitale et nomade. Tous les services que nous consommons sont sans engagement, très simple, quasi sur-mesure. Nous avons l’habitude louer une voiture sur une application, de mettre notre maison en location sur un site, de se faire livrer ses courses. Pour le sport, salle de sport mise à part, c’est bien différent. Alors cela ne nous correspond plus. On peut critiquer ces aspects-là de notre société, peu importe, nous ne reviendrons pas en arrière.

Les bénévoles des clubs ne sont pas à blâmer. Comment pourrait-on les blâmer ? Ils travaillent déjà 50 heures par semaine, prennent du temps sur leur vie de famille, sur leur vie personnelle pour faire vivre l’association et ne sont accompagnés par personne.

Les professeurs de tennis non plus. Les a-t-on formés à la création d’un site internet ? Peut-on leur demander d’être disponible 24h/24 pour répondre aux joueurs ? Ont-ils été accompagnés dans la gestion d’une association ? Non, bien sûr que non !

Nous en sommes donc là : les clubs de tennis en France perdent des adhérents, la fédération de tennis perd des licenciés car le besoin a muté et que l’offre ne s’est pas adaptée.

Attention à ne pas aller trop vite : l’offre de club correspond toujours à une grande partie des sportifs. Elle doit demeurer et surtout ne pas mourir. Elle est le socle de ces associations et leur raison de vivre. En revanche, les clubs ne peuvent plus se couper d’une part grandissante des pratiquants qui veulent autre chose. Ce ne sont pas des joueurs de seconde zone. Ils ont eux aussi droit d’aller taper dans la balle.

Les Déchaînés ont pour mission de sauver les clubs de tennis en France. Oui c’est ambitieux, mais nous voulons essayer. Nous voulons accompagner les clubs dans leur ouverture et leur modernisation. Notre passion pour le tennis est directement née dans ces clubs. Nous y avons passé plus de 10 heures chaque semaine pendant plusieurs années. Pourquoi voudrions-nous les voir mourir ? Non, au contraire, nous voulons leur donner une seconde jeunesse et au passage réconcilier ces associations avec 3 millions de pratiquants de tennis en France qui ne viennent plus les voir